Livraison gratuite à partir de 1 999 Kč

L’impression FDM multicolore ne signifie plus depuis longtemps qu’il faut changer manuellement le filament à une hauteur donnée. Les systèmes multimatières savent basculer entre plusieurs bobines, les slicers permettent de colorer certaines parties du modèle et l’imprimante se charge des changements. Mais une limite claire subsistait : le modèle ne pouvait avoir que le nombre de couleurs physiquement chargées dans l’imprimante.
Au moment de sa sortie, ColorMix est disponible dans PrusaSlicer 2.9.6 beta et dans EasyPrint ; il s’agit donc principalement d’une fonction destinée aux essais pratiques.
Prusa ColorMix repousse cette limite. Au lieu d’imprimer chaque couleur depuis une bobine spécifique, le slicer crée des nuances virtuelles en combinant les couches de plusieurs filaments. Par exemple, lorsque du blanc et du noir alternent sur de fines couches, la surface paraît grise à distance normale. De même, le cyan, le magenta, le jaune, le blanc et le noir permettent d’obtenir toute une gamme de couleurs supplémentaires, même si vous ne les avez pas sur des bobines séparées.
Il ne s’agit pas d’un véritable mélange de plastique fondu dans la buse, mais d’une illusion d’optique. Les couleurs sont superposées ou placées côte à côte dans les couches, suffisamment près pour que l’œil les perçoive comme une nouvelle nuance à distance normale. C’est important, car les avantages et les limites de toute la technologie en dépendent.


ColorMix fonctionne avec une imprimante multimatière capable de basculer entre plusieurs filaments. Dans le slicer, vous indiquez les couleurs réelles des bobines chargées, qui servent à créer d’autres extrudeurs virtuels. Ceux-ci ne correspondent pas à une nouvelle bobine physique, mais au rapport entre les couches des filaments existants.
Exemple typique :
Dans PrusaSlicer, ces nuances virtuelles s’utilisent de manière similaire aux extrudeurs classiques. Vous pouvez les attribuer à une partie du modèle, les utiliser pour la peinture multimatière ou les appliquer à des surfaces décoratives. EasyPrint propose un flux de travail plus simple dans le navigateur, ce qui le rend adapté aux essais rapides et aux utilisateurs qui ne souhaitent pas gérer autant de réglages détaillés.
Remarque pratique importante : ColorMix n’est pas un mélange de couleurs continu comme dans un éditeur graphique. L’impression FDM fonctionne avec des couches discrètes. Les proportions simples sont donc les plus pertinentes, par exemple 50:50, 75:25, 25:75 ou 33:33:33. Une proportion plus fine nécessiterait un motif répétitif de couches plus long, qui pourrait déjà créer des bandes visibles sur le modèle.
ColorMix s’utilise au mieux avec une imprimante multimatière ou équipée de plusieurs outils. Il s’agit généralement d’imprimantes avec MMU, AMS ou changeur d’outils. Avec une seule bobine et une seule buse sans changement automatique de filament, ColorMix n’a pas vraiment d’intérêt pratique, car il nécessite des changements fréquents de matériau.
Le changeur d’outils offre l’avantage de la rapidité et d’une réduction des déchets, car chaque filament peut avoir son propre outil. Avec les systèmes à une seule buse, le hotend doit être nettoyé à chaque changement de filament, ce qui augmente la durée d’impression ainsi que la consommation de matériau pour la tour de purge ou les déchets. Pour un petit détail coloré, cela peut ne pas poser problème, mais sur un modèle comportant de nombreux changements à chaque couche, la différence devient rapidement visible.
Une combinaison de départ intéressante est un ensemble de type CMYKW : cyan, magenta, jaune, blanc et noir. Le blanc sert à éclaircir, le noir à assombrir et les couleurs CMY constituent la base d’une palette plus large. Vous pouvez toutefois expérimenter avec ce que vous avez déjà chez vous. Gardez simplement à l’esprit que le résultat dépendra fortement du matériau utilisé.
Les filaments plus translucides se mélangent souvent optiquement mieux que les matériaux très opaques. À l’inverse, les filaments métallisés, pailletés, nacrés ou fortement chargés en effets peuvent perturber le résultat, car ils réfléchissent la lumière différemment selon l’orientation des couches et des particules. Pour un premier test, le plus raisonnable est d’utiliser du PLA ou du PETG ordinaire, sans effets spéciaux.


ColorMix est particulièrement efficace lorsque vous observez le modèle de côté et que les couches fines se fondent en une seule nuance dans l’œil. En pratique, cela concerne surtout les modèles décoratifs présentant des parois verticales ou inclinées visibles.
Bons candidats :
Imaginez par exemple un petit caméléon dont le corps n’est pas simplement vert, mais possède un ventre plus clair, un dos plus sombre et des transitions de couleurs sur la queue. Ou encore une plaque nominative de table dont le texte ressort dans une nuance mélangée plus sombre, tandis que l’arrière-plan arbore une couleur pastel délicate. Dans ces cas, ColorMix ajoute une valeur visuelle sans vous obliger à acheter dix bobines différentes.
L’utilisation sur des modèles ombrés est également très intéressante. Lorsque des lumières et des ombres sont ajoutées directement avec les couleurs sur une figurine ou un relief, l’impression finale peut paraître plus volumétrique, même sans peinture supplémentaire. Ce n’est pas un remplacement de la peinture à la main des miniatures, mais pour des cadeaux rapides, des décorations et des prototypes d’apparence, c’est une avancée pratique.
La principale limite de ColorMix est la précision. Le slicer peut estimer l’apparence d’une combinaison, mais le plastique n’est pas de l’encre et chaque filament se comporte un peu différemment. Une autre marque, une autre translucidité, un autre pigment ou une autre température d’impression peuvent modifier le résultat.
La deuxième limite concerne l’orientation des surfaces. ColorMix fonctionne au mieux sur les parois latérales, où l’œil perçoit les couches comme de fines bandes. Sur les surfaces supérieures et inférieures, l’effet est plus faible, car vous voyez principalement la dernière couleur imprimée ou le motif du remplissage supérieur. Si la partie la plus importante du modèle est une grande surface plane supérieure, ColorMix risque de ne pas produire la nuance attendue.
La troisième limite est le temps et les déchets. Davantage de couleurs signifie davantage de changements. Avec une seule buse, chaque changement se traduit par un nettoyage et du matériau supplémentaire. Avec un changeur d’outils, la situation est meilleure, mais il faut tout de même gérer le calibrage des outils, la précision de l’alignement et une préparation d’impression plus longue.
La quatrième limite est le banding visible. Avec une faible hauteur de couche, les couleurs se fondent mieux optiquement. Avec une hauteur de couche plus importante ou une combinaison contrastée, le mélange peut apparaître comme un motif stratifié volontaire. Parfois, cela donne un résultat intéressant ; parfois, cela ressemble à un défaut.
ColorMix est un excellent outil pour élargir la palette, mais il ne justifie pas d’abandonner les filaments classiques de couleur. Une nuance précise sur une bobine dédiée reste préférable dans plusieurs situations.
Utilisez un filament spécifique lorsque :
Un exemple typique est une plaque personnalisée dans le rouge exact d’une entreprise. Si le client exige une nuance précise, il est plus sûr de choisir un filament qui s’en approche le plus possible plutôt que de compter sur un mélange optique. En revanche, pour une figurine fantastique, un support coloré pour casque audio ou une décoration ludique, ColorMix peut offrir un résultat plus esthétique qu’une bobine dédiée choisie au hasard.
Commencez par un petit modèle, et non par une impression qui dure toute la journée. Un cône de test, une petite figurine ou un nuancier comportant plusieurs surfaces conviennent parfaitement. Le but de la première impression n’est pas d’obtenir un modèle parfait, mais de vérifier le comportement de vos filaments spécifiques.
Procédure recommandée :
Si vous utilisez un système à une seule buse, surveillez également la taille de la tour de purge et la consommation totale de matériau. Il peut parfois être avantageux de supprimer une nuance virtuelle, car le gain de temps et de matériau dépasse la différence visuelle.
Prusa ColorMix s’adresse surtout aux personnes qui souhaitent obtenir davantage de couleurs avec une imprimante multimatière sans acheter un grand stock de bobines. Il fonctionne particulièrement bien sur les modèles décoratifs, les figurines, les plaques nominatives, les accessoires de jeu et partout où l’impression colorée est plus importante que la précision absolue de la nuance.
Ce n’est toutefois pas un remplacement magique d’un véritable filament dans une couleur précise. Si vous avez besoin d’une couleur d’entreprise exacte, d’une surface uniforme parfaitement propre ou d’une impression rapide sans déchets, la bobine classique reste gagnante. Considérez ColorMix comme un nouvel outil dans votre arsenal : excellent pour les expérimentations, les nuances et les modèles visuellement intéressants, mais à utiliser avec plus de prudence pour les commandes aux spécifications colorimétriques précises.
Pour une boutique en ligne comme pour un atelier personnel, la règle est simple. Pour des couleurs précises et reproductibles, choisissez un filament spécifique. Pour les modèles créatifs, les prototypes de variantes colorées et les cadeaux originaux, essayez de les mélanger dans le slicer.